[Scène : intérieur de la synagogue, la lumière de midi baigne les rouleaux. L'atmosphère vibre d'attente.]
Jésus (lisant) :
« L’Esprit du Seigneur est sur moi, car il m’a oint pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres… »
(Il enroule le rouleau, le remet à l’assistant et s’assoit.)
Jésus :
« Aujourd’hui, cette Écriture s’accomplit à vos oreilles. »
La foule (murmures):
C’est l’un des nôtres ! Le fils de Joseph ! La bénédiction de Nazareth ! Il accomplira sûrement ici de puissants miracles, plus grands qu’à Capharnaüm !
Ancien :
Tu parles avec grâce, Yeshua. Le peuple est fier. L’Esprit repose sur toi. Montre-nous un signe pour confirmer ce que nous savons déjà : que la faveur du Seigneur repose d’abord sur sa propre maison.
Jésus :
En effet, vous me direz : « Médecin, guéris-toi toi-même. Fais ici ce que nous avons entendu dire que tu as fait ailleurs. »
Mais je te le dis en vérité : aucun prophète n’est bien accueilli dans sa propre ville.
Ancien :
Que dis-tu ? Que les étrangers sont plus dignes que tes proches ? Que ceux qui t’ont élevé ?
Jésus :
Il y avait beaucoup de veuves en Israël au temps d’Élie, et pourtant le prophète fut envoyé vers une veuve à Sidon.
Il y avait beaucoup de lépreux en Israël, et aucun ne fut purifié, sauf Naaman le Syrien.
La grâce coule là où les cœurs s’inclinent — non là où le statut se dresse haut.
La foule (indignée):
Tu insultes les tiens ! Tu places les païens au-dessus des élus ? Tu fais honte à ta propre maison ?
Jésus :
Je t’honore, mais je te dis la vérité : plus on se tient près du feu, plus il faut regarder avec douceur.
Vous m’avez connu comme un prochain ; maintenant, connaissez-moi comme le serviteur du Très-Haut.
Seuls les humbles voient le ciel dans ce qu’ils appellent le commun.
Ancien (en colère mais tremblant):
Tu mets les élus sur un pied d’égalité avec l’étranger ! Tu bouleverses l’ordre de Dieu !
Jésus :
Je rétablis l’ordre que vous avez oublié.
Car le Très-Haut s’assoit avec les plus humbles, et les humbles héritent de ce que l’orgueil ne peut retenir.
Celui qui est proche doit s’abaisser plus bas que tous — telle est la loi de l’amour.
(Le silence s’installe. Certains pleurent, d’autres brûlent de rage. Jésus les regarde avec une profonde affection.)
Jésus :
Vous n’avez pas besoin de miracles ; vous avez vécu aux côtés du miracle lui-même.
Mais si vous souhaitez voir les œuvres de Dieu, devenez comme ceux qui n’attendent rien — et vous verrez tout.