Frères et sœurs bien-aimés,
aujourd'hui, je veux vous parler d'un sujet qui est au cœur même des Écritures : la voix de Dieu.
Nous entendons ces mots :
« Adorez-moi ! Obéissez-moi ! Je suis le seul Dieu !»
Et beaucoup lisent ces mots et s'imaginent un Dieu avide de tribut, un Dieu assis sur un trône qui exige d'être reconnu, un Dieu qui observe attentivement qui fléchit le genou.
Mais, mes amis, tel n'est pas le cœur du Père.
Le Père, nous dit Jésus, est comme le père de la parabole du fils prodigue.
Il se tient sur le perron, regardant au loin, sans exiger l'obéissance, sans réclamer de dette, mais attendant, plein d'espoir, prêt à courir vers ses enfants dès qu'ils font un pas vers la maison.
Il fait briller son soleil sur les bons comme sur les méchants.
Il fait pleuvoir sur les justes comme sur les injustes. Il donne à pleines mains, non pas parce que nous l'avons mérité, mais parce qu'Il est amour. Le Père n'est pas inquiet.
Il ne se demande pas, du haut du Ciel, si quelqu'un pourrait L'éclipser. Il n'est pas menacé d'être remplacé. On ne peut L'intimider, ni Le flatter.
Alors pourquoi entendons-nous ces commandements dans l'Écriture ? Pourquoi entendons-nous Dieu parler avec tant de force ?
Parce que c'est le Fils qui parle pour nous.
Le Logos, la Parole, le Fils de Dieu – Celui qui a marché parmi nous en Jésus – est Celui qui parle avec la puissance des Écritures. Et Il parle comme le Père, non pour s'exalter, non pour protéger l'honneur de Dieu, mais pour toucher nos cœurs.
Il adapte sa voix à celui qui l'écoute.
Il parle doucement aux cœurs sensibles.
Il parle fermement aux obstinés.
Il parle fort aux sourds.
Le ton est différent, mais l'amour est le même.
Et pourquoi parle-t-il ?
Deux raisons.
Premièrement, parce que le Fils aime le Père d'un amour parfait. Il veut que la création voie combien le Père est bon, sage, beau et généreux. Il veut que chaque créature sache ce qu'il sait lui-même : que le Père est la source de toute joie.
Deuxièmement, parce que le Fils nous aime. Il voit combien nous sommes désorientés, effrayés, gonflés d'orgueil, blessés par le monde. Il sait que parfois une douce invitation suffit. Et il sait que parfois une âme est si endurcie que seule une parole franche peut la tirer de sa torpeur. Non pas parce que Dieu veut l'obéissance pour l'obéissance, mais parce que nous avons besoin d'être guéris.
Et oui, parfois les paroles de l'Écriture nous choquent. Parfois, les commandements semblent durs, voire répugnants. Des commandements de jugement. Des commandements de guerre. Des commandements que nous ne pouvons imaginer Dieu donner.
Mais écoutez, Église :
Ces choses se produisent dans un monde qui n’est pas notre demeure ultime.
Ce monde est un terrain d’apprentissage, une épreuve, un lieu où les âmes s’éveillent. Aucune souffrance ici n’a le dernier mot. Aucune mort ici n’est définitive. L’histoire de Dieu ne s’arrête pas à ce plan d’existence.
Derrière ce qui ressemble à la destruction, derrière ce qui ressemble à la violence, se cache l’œuvre plus profonde de Dieu : briser l’orgueil, adoucir les cœurs et préparer les âmes à la vie à venir. Dans chaque commandement difficile, dans chaque passage ardu, se trouve une épreuve d’humilité.
Certains entendent le commandement et disent : « Je ne peux pas faire cela ; je préfère donner ma vie plutôt que de faire du mal à autrui.» Et cette âme a déjà commencé à goûter au Royaume.
Certains obéissent par brutalité et se retrouvent brisés par les conséquences, humiliés, dépouillés de leurs illusions. Même cela devient une porte vers l’humilité.
Certains ignorent complètement le commandement et découvrent qu'ils ne sont pas aussi justes qu'ils le pensaient. Même cela peut ébranler la carapace de l'orgueil.
Mais dans tous ces cas, le but est le même :
L'humilité.
Car les orgueilleux ne peuvent entrer au Ciel. Non pas parce que Dieu leur ferme la porte, mais parce que l'orgueil ne peut les franchir. Ainsi, la Parole de Dieu nous parle de mille façons, sous de multiples formes, toujours dans un seul but :
nous ramener à Lui.
Le Père n'exige pas l'adoration parce qu'il en a besoin. Le Fils n'ordonne pas l'obéissance par soif de pouvoir. Ils nous invitent à nous tourner vers eux parce que c'est seulement en nous tournant vers eux que nous vivons.
Ainsi, lorsque vous lisez l'Écriture, n'imaginez pas un tyran exigeant la loyauté. Imaginez le Fils de Dieu, traversant le temps, se penchant pour vous rencontrer là où vous êtes, prononçant les mots dont votre âme a le plus besoin – doux ou fermes, simples ou complexes – afin qu’un jour vous puissiez vous réfugier dans les bras du Père, libre, humble et guéri.
La voix qui vous appelle est la même voix qui a guéri les malades, pardonné les pécheurs, pris les enfants dans ses bras et murmuré : « Venez à moi. »
Et tout cela – chaque mot – est amour.
Amen.