La cruauté supposée de Dieu est souvent avancée comme le principal argument contre son existence. Les athées et les sceptiques citent les Écritures où Dieu est censé damner les incroyants, les jeter en enfer et punir les désobéissants. Pourtant, ces lectures ne saisissent pas comment fonctionne réellement la tout-puissance de Dieu.
Voici le secret : tout ce qui semble cruel doit d'abord être renversé — ou plutôt retourné — pour révéler le véritable visage de la puissance divine. Les Écritures s'expriment souvent dans un langage humain, décrivant Dieu comme « repoussant » les gens ou les « jetant » en enfer. Mais il s'agit là d'une adaptation à notre façon de parler, à notre compréhension limitée de l'autorité et de la causalité. En réalité, ce n'est pas Dieu qui repousse qui que ce soit ; ce sont les gens eux-mêmes qui s'éloignent de Lui. Ils rejettent la lumière et marchent volontairement vers les ténèbres. Le « repoussement » n'est que le reflet de leur propre mouvement contre l'étreinte divine.
Cependant, comme Dieu est la cause ultime de tout ce qui existe, nous ne pouvons pas dire qu'Il n'est pas impliqué. Sa toute-puissance englobe à la fois le bon choix et la mauvaise conséquence, bien qu'Il reste Lui-même pur. Tout se déroule sous Sa souveraineté, même l'abus de liberté. Le pécheur qui entre en enfer le fait de son propre chef, mais ses pieds ont été créés par Dieu. La flamme intérieure qui le brûle a également été créée par Dieu. La responsabilité est donc double : humaine dans le choix, divine dans l'ordination.
Pour illustrer cela, imaginez que je me tienne devant un feu. Je peux librement choisir de mettre mon doigt dedans ou non. Personne ne m'y oblige. Pourtant, je sais aussi que ma liberté, mon doigt et même la loi selon laquelle le feu brûle, tout cela vient de Dieu. Si je choisis bêtement de tester la flamme et que je me brûle, puis-je alors blâmer Dieu pour cette brûlure ? Je le peux, mais seulement dans le sens superficiel où Il a créé l'ordre des choses dans lequel de telles conséquences existent. En vérité, la faute incombe à ma propre volonté qui a choisi la douleur plutôt que la sagesse.
Il en va de même pour l'âme humaine. Nous sommes libres de nous approcher de Dieu ou de nous en éloigner, mais dans les deux cas, nous marchons dans le cadre de Son décret. La tragédie de l'enfer n'est donc pas la cruauté de Dieu, mais la marche obstinée de l'humanité vers une séparation qu'elle a elle-même choisie. Et même dans ce cas, le Tout-Puissant reste irréprochable, car Il n'a jamais voulu notre destruction, seulement notre liberté.