Je confesse Jésus-Christ comme le Fils de Dieu et Seigneur.
Je ne le cache pas. Je ne l'édulcore pas. Je ne le réinterprète pas pour le rendre socialement acceptable. C'est le cœur de ma foi, et je le proclame ouvertement.
Parallèlement, je ne ressens aucune contradiction lorsque je me trouve dans un lieu de prière musulman où le monothéisme strict est affirmé et où l'on dit que « Dieu n'a pas de fils ».
Pour beaucoup, cela semble impossible. Cela ressemble à un compromis, à de la duplicité ou à de la confusion. Il n'en est rien.
Mon raisonnement s'appuie sur ma compréhension de la relation entre le Père et le Fils.
Le Père glorifie le Fils. Le Fils glorifie le Père. Leur communion n'est pas une rivalité, mais un amour désintéressé. Le Fils ne rivalise pas avec le Père pour attirer l'attention. Son désir le plus profond est que toute gloire retourne au Père. Le Père, à son tour, se réjouit de révéler et d'honorer le Fils.
L'histoire se déploie au sein de cet amour.
Dans le monde actuel, la révélation n'est pas irrésistible. Dissimulation et révélation coexistent. Le monothéisme strict persiste. La confession explicite de la filiation divine persiste. L'un n'élimine pas l'autre. Cette tension n'est pas un échec de la vérité ; elle est inhérente à notre époque.
Lorsque je me trouve dans une mosquée et que j'entends l'affirmation du monothéisme pur, je ne renie pas le Christ. Je ne suis pas en désaccord intérieur. Je ne cherche pas de réinterprétations pour me rassurer. Je choisis consciemment de ne pas outrepasser une forme de dévotion qui concentre toute l'attention sur le Créateur seul.
Je crois que Jésus était plus qu'un prophète. Mais je crois aussi qu'être appelé prophète ne l'insulte pas lorsque cela sert à préserver l'adoration indivisible du Père. Il n'était pas motivé par la soif de gloire. Il a maîtrisé la révélation. Il a accepté la révélation du Père, mais il n'a pas milité pour une reconnaissance ontologique.
Dans ce contexte de dévotion particulier, je choisis l'humilité. Non pas par manque de conviction, mais parce que je suis persuadé que le Christ n'a pas besoin de moi pour le défendre contre le monothéisme.
En dehors de ce contexte, je m'oppose fermement à toute négation de la filiation divine qui serait un rejet de la réalité divine. Je proclame le Christ ouvertement et sans hésitation. Je ne le fais pas pour avoir raison, mais parce que je crois qu'honorer le Fils réjouit le Père.
Il n'y a pas de contradiction dans cette attitude. C'est une obéissance contextuelle.
Je ne pratique pas de prosélytisme agressif envers les musulmans ou les juifs. Non pas parce que je crois que la vérité est relative, mais parce que je ne considère pas qu'il soit de mon devoir de forcer la résolution d'une tension qui relève du temps divin. Si quelqu'un m'interroge sincèrement sur ma foi, je réponds pleinement et clairement. Si quelqu'un propose un dialogue interreligieux sérieux, j'y participe volontiers. Mais je ne cherche pas à saper la dévotion d'autrui comme si Dieu exigeait une victoire historique.
Je reconnais également une limite morale pratique : même si je crois pouvoir prier dans une mosquée sans trahir ma foi, je peux m'abstenir si cela risque de semer la confusion ou de scandaliser les personnes présentes. Non pas par remords de conscience, mais parce que l'amour impose parfois des limites.
Ma foi n'est pas synonyme de complaisance. Je crois avec conviction. Je suis enclin à confesser ouvertement le Fils. Je le proclame publiquement. Je ne prétends pas à la neutralité.
Mais je refuse d'instrumentaliser ma confession.
Ce n'est ni du syncrétisme, ni de la dilution, ni de la peur.
Je m'efforce de vivre en accord avec ma conviction de la communion intérieure entre le Père et le Fils – une communion de glorification mutuelle, et non de compétition.
La clarté universelle est réservée à la fin des temps. D'ici là, nous vivons dans une lumière partielle. Je témoigne de mes convictions. Je n'impose rien à personne.
Et je suis convaincu que Dieu comprend cette différence.