Le prophète Muḥammad ﷺ a prédit que lorsque Jésus, fils de Marie, reviendra à la fin des temps,
« il brisera la croix, tuera les porcs, abolira la jizyah, et la richesse se déversera jusqu'à ce que personne ne l'accepte ; et une seule prosternation vaudra mieux que le monde et tout ce qu'il contient ».
(Ṣaḥīḥ al-Bukhārī 3448 ; Ṣaḥīḥ Muslim 155)
À première vue, ces quatre signes semblent distincts et vaguement liés. Mais si on les lit à travers le prisme de la première mission de Jésus, ils forment une triade cohérente d'actions, chacune marquée par l'abondance, qui culmine dans une atmosphère d'abondance.
1. Briser la croix → Abondance de guérisons
Dans le hadith, Jésus « brise la croix ». Au lieu de considérer cela comme une simple polémique contre le christianisme, nous pouvons y voir un retour à son rôle de porteur de fardeaux. Dans les Évangiles, la guérison est abondante et totale, et non partielle :
« Et Jésus parcourut toute la Galilée [...] guérissant toute sorte de maladies et de douleurs parmi le peuple. » (Matthieu 4:23)
« Aussitôt, il recouvra la vue et suivit Jésus. » (Marc 10:52)
« Briser la croix » — l'image suprême du fardeau — revient à déclarer que la souffrance et l'affliction ne définissent plus la destinée humaine, car en sa présence, la santé et la plénitude abondent.
2. Tuer les porcs → Abondance de libération du mal
Le hadith dit que Jésus « tuera les porcs ». Dans les Évangiles, les porcs apparaissent une fois — lorsque Jésus jette une légion de démons dans un troupeau de porcs, et qu'ils périssent :
« Il lui dit : « Sors de cet homme, esprit impur ! » ... Il leur donna la permission, et les esprits impurs sortirent et entrèrent dans les porcs. Le troupeau [...] se précipita du haut de la falaise dans le lac et se noya. » (Marc 5:8, 13)
Ici, les « porcs tués » deviennent un symbole d'exorcisme en abondance. Aucun démon, quel que soit leur nombre, n'est laissé pour tourmenter. La seconde venue de Jésus poursuit sa première mission : la libération abondante des pouvoirs maléfiques.
3. Abolir la jizyah → Abondance de provisions
Le hadith dit ensuite que Jésus « abolira la jizyah » (l'impôt prélevé sur les sujets non musulmans). Au lieu de considérer cela comme une simple réforme juridique, on peut y voir un lien avec les miracles de Jésus en matière de provision, où l'approvisionnement matériel était si abondant que l'imposition elle-même semblait absurde :
« Prenant les cinq pains et les deux poissons [...] ils mangèrent tous et furent rassasiés, et les disciples ramassèrent douze paniers remplis de morceaux. » (Matthieu 14:19-20)
« Va au lac et jette ta ligne. Prends le premier poisson que tu attraperas ; ouvre-lui la bouche et tu trouveras une pièce de quatre drachmes. Prends-la et donne-la-leur pour payer mon impôt et le tien. » (Matthieu 17:27)
Dans les deux cas, celui de la nourriture et celui de la pièce trouvée dans le poisson, Jésus se moque de l'angoisse même de la pénurie. Si la richesse coule à flots comme le sable, l'impôt n'a plus lieu d'être. « Abolir la jizyah » fait ainsi écho à l'abondance des provisions dans sa première mission.
4. Déclaration culminante : la richesse déborde jusqu'à devenir sans valeur
Enfin, le hadith culmine : « La richesse coulera à flots jusqu'à ce que personne ne l'accepte. » Ce n'est pas un point nouveau, mais le résumé des trois précédents. Celui qui a guéri abondamment, libéré abondamment et pourvu abondamment règne désormais à une époque où la richesse matérielle perd toute valeur par rapport à la dévotion :
« Ne vous amassez pas des trésors sur la terre [...] Mais amassez-vous des trésors dans le ciel [...] Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. » (Matthieu 6:19-21)
Le hadith se termine par le même principe : « Une seule prosternation vaut mieux que le monde et tout ce qu'il contient. »
Conclusion
Vu sous cet angle, le hadith ne présente pas quatre signes sans rapport entre eux, mais un portrait cohérent du ministère abondant de Jésus renouvelé :
Croix brisée → guérison abondante.
Porcs tués → libération abondante.
Jizyah abolie → provision abondante.
Richesse débordante → atmosphère d'abondance, dans laquelle seul le culte a une valeur réelle.